Avant la rencontre, elle a posé une condition. Ne pas parler de Trump. Après plus d’un an à vivre au cœur de la tempête médiatique et géopolitique qui a déferlé sur le Groenland, Aka Hansen est fatiguée de parler du clown peroxydé et des sentiments qu’il éveille chez elle. D’une certaine façon, c’est tant mieux. La militante pour les droits des Inuits et son île arctique méritent qu’on parle d’eux pour ce qu’ils sont, en oubliant pour un instant les visées impérialistes américaines.
Avec ses points à l’encre sur les pommettes et ses deux lignes tatouées sur le menton, Aka Hansen, 38 ans, incarne le nouveau visage du Groenland. Longtemps, les tatouages faciaux comme les siens ont été bannis par les missionnaires danois venus coloniser l’île. Désormais, pour certaines femmes de sa génération, se réapproprier son passé et sa culture passe par là, par l’inscription sans retour de son identité sur son corps.




