«Oups, pardon, je n’avais pas vu qu’il s’agissait de ton anus, attends, ça ne rentre pas, je vais forcer un peu, oups, quoi, aïe ? Non, pas du tout, détends-toi, t’inquiète pas, ça fait pas mal.» A quoi ressemble l’autrice de ce passage très juste et comique d’un essai intitulé le Sexe des femmes et sous-titré Fragments d’un discours belliqueux. Elle ne semble ni colérique ni belliqueuse quand elle ouvre la porte de son appartement lumineux, au dernier étage d’un immeuble du Xe arrondissement parisien. Elle est posée et grave, jusqu’au timbre de sa voix. Grande, très chic, elle est de noir vêtue. Il y a de l’inquiétude et de l’hésitation dans son sourire. Sa beauté saute aux yeux, d’ailleurs ça aussi elle l’écrit : «Je suis belle. Je ne suis ni jolie ni mignonne, je suis renversante.» Il faut oser, même s’il y a de l’humour dans ce constat. Anne Akrich et son mari, l’éditeur Olivier Nora, patron des éditions Grasset, ont emménagé dans ce lieu de rêve il y a trois semaines. Vingt-six années les séparent. Leur fils a 4 ans. Anne Akrich : «On est un tel cliché, avec mon mari : j’écris, il est éditeur. J’avais 28 ans quand je l’ai rencontré. Il trouvait notre différence d’âge rédhibitoire, mais je me suis montrée très persuasive. La position du vieil éditeur avec la jeune autrice était trop ridicule à ses yeux. Je pense que je reste un sujet
Le portrait
Anne Akrich, désir est maître
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La romancière, qui parle de sexe et de féminité avec humour, cache une part de mélancolie sous sa liberté de ton.
Anne Akrich, à Paris, le 1er juin 2022. (Remy Artiges/Libération)
Publié le 20/06/2022 à 17h52
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