Dans les années 90, François Mitterrand vit ses ultimes années à l’Elysée. Il fait d’Anne Lauvergeon sa secrétaire générale adjointe et sa «sherpa», chargée de la préparation des sommets internationaux. Elle arbore alors de bonnes joues d’enfance, mangées depuis par une sveltesse exécutive et une parfaite maîtrise de ses appétits qu’elle a su rassasier. Elle a déjà cette énergie de fantassin, cette pétulance de grenadier, cette hyperactivité de dure-au-mal. Elle a une trentaine d’années. Il a largement dépassé les 70 ans. Il souffre d’un cancer qui complique l’exercice de ses fonctions. La maladie réveillée impose sa loi à celui qui déteste voir sa liberté contrainte. Elle le découvre et le protège, le conseille et le couve, le soigne et le défie. Il la voit autant comme une collaboratrice dont il est ravi d’imposer la fraîcheur et la franchise au monde extérieur que comme une amie imprévue et attentive à qui il donne accès à son intimité abîmée et à qui il confie ses perplexités métaphysiques et ses désarrois morbides.
Le portrait
Anne Lauvergeon, Tonton à tu et à toi
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Longtemps après, la sherpa de Mitterrand dans les années 90 détaille sa proximité avec le président finissant qui luttait contre un cancer.
Anne Lauvergeon à Paris, le 17 avril 2024. (Rémy Artiges/Libération)
Publié le 23/04/2024 à 14h53
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