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Le portrait

Bernard Magrez, vignes de vie

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Seul à posséder quatre grands crus classés de Bordeaux, l’homme d’affaires est un autodidacte exigeant et un commerçant madré.

Bernard Magrez au château Pape Clément, le 20 janvier 2026. (Rodolphe Escher/Libération)
ParLuc Le Vaillant
photo Rodolphe Escher
Publié aujourd'hui à 15h15

L’homme est rude, l’entrepreneur est malin. Le patron est exigeant et brusque, le commerçant est créatif et rusé. Bernard Magrez, 89 ans, a fait fortune dans la distribution d’alcools, puis de vins. Il est le seul à posséder quatre grands crus classés de Bordeaux, deux pessac-léognan, un saint-émilion et un sauternes. Il s’est fait à la force du poignet et sa rudesse détonne au sein d’un aréopage élégant où se croisent aristocrates gérant la rente de leurs parfaits terroirs du Médoc et grands industriels qui ont acquis des domaines connus comme on accroche une étoile à son blason. Refusant d’arrondir les angles, Magrez bouscule et irrite. Pour autant, il sait changer son fusil d’épaule pour renforcer son assise et préserver ses acquis. Parti de loin, il ne craint rien tant qu’une improbable faillite. Car ce très fortuné s’avoue perpétuellement «inquiet que cela s’arrête». Et cela malgré ses 40 propriétés et ses 1 000 hectares de vignes dispersés dans 10 pays.

Les vignes de Pape Clément se situent à un jet de bouchon de Bordeaux, au cœur de quartiers périphériques, comme si les galets d’où jaillit l’or rouge ne détestaient pas braver le macadam. Le portail s’ouvre sur un gravier ratissé de frais. Les chais sont lustrés avec soin, même si janvier est un temps de latence, loin de la fièvre des vendanges. Le castelet de Pape Clément est un lieu de réception. Le personnel y porte cravate à l’instar du maître de maison et où on vous donne du «monsieur» long comme le bras.

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