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Le portrait

Charlotte Casiraghi, vaille que failles

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La Monégasque publie un essai littéraire où elle se confronte au tragique de l’existence, sans dramatisation, ni pathos.

Charlotte Casiraghi à Paris, le 13 janvier 2026. (Laura Stevens/Modds pour Libération)
Publié le 27/01/2026 à 15h40

Elle a intitulé son premier texte personnel la Fêlure. Il ne s’agit ni d’un traité théorique ni d’un manuel de développement personnel. Et moins encore d’un témoignage romancé ou d’une confession doloriste. Charlotte Casiraghi est trop avertie des choses de l’esprit, des misères de la psychologisation ambiante comme des ravages de la pipolisation galopante pour se risquer à l’évocation d’un vécu saignant. Elle définit ainsi son objectif : «Ce livre est une enquête vivante, incarnée, et je l’espère brûlante, […] sur ces lézardes d’où sort la tragédie de notre sort partagé.» Sa pensée profonde est la suivante : «Quelque chose de nous est cassé, tant mieux.» Au long de ces 358 pages, elle se tient à égale distance du souvenir des traumas passés comme de la croyance en une résilience salvatrice. Orpheline de père à 4 ans, elle insiste : «La fêlure n’est pas une brèche à colmater, c’est à partir de cet écart que peut surgir une ligne de fuite.» Elle randonne au bord des failles de chacun en compagnie d’écrivains et de penseurs. Parmi eux, Gilles Deleuze s’impose en ombre tutélaire aux excès flambants et au souffle écourté.

Charlotte Casiraghi, 39 ans, est philosophe de formation, d’appréciation et d’appréhension. Elle est aussi princesse monégasque. Retenue et prudente, aussi lucide qu’appréciant une opacité protectrice, elle sait combien ses origines la disqualifient pour s’imposer ailleurs que sous les ors du Palais. Elle écrit : «Ces privilèges so

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