Qui aurait pu imaginer qu’elle, «si timide», tétanisée en soirée à l’idée de parler à des inconnus, se retrouverait là, à enchaîner les interviews ? Ses copines, au début, se sont un peu frotté les yeux. Elle-même ne se reconnaît pas tout à fait, même pas stressée, juste déterminée.
Depuis la mort de son mari il y a deux ans, alors que les deux étaient engagés dans un parcours de procréation médicalement assistée, Charlotte Ngoma, 38 ans, se débat dans les affres de la bioéthique et de l’absurde pour l’accès à ses propres embryons, pour la «PMA post-mortem». Même si ça veut dire revenir inlassablement sur les circonstances dramatiques qui l’ont menée là. L’infertilité «inexpliquée», le diagnostic d’un cancer de l’œsophage chez son compagnon, Jocelyn, les mois à l’hôpital, le jour où on leur a dit qu’il fallait mettre la PMA en pause par crainte de «faire naître un enfant orphelin» alors que les médecins du jeune homme se montraient confiants quant à sa guérison. La réanimation et le bruit des machines qui le rendait fou. Sa mort à 29 ans, un week-end où tout semblait aller mieux. Le lendemain, ils avaient rendez-vous pour reprendre la PMA, et Jocelyn, qui «rêvait d’être pa




