S’il vous arrive un jour d’approcher Colin Niel et d’entendre soudain des cris perçants d’animaux évoquant des singes ou des oiseaux à qui l’on ferait subir des choses horribles, pas de panique, c’est juste la sonnerie de son téléphone portable. Nous confessons avoir eu un moment d’angoisse le jour où ça nous est arrivé, d’autant qu’il venait juste de nous parler du lombric compost qu’il fabrique amoureusement dans son arrière-cuisine, au sixième étage d’un immeuble de Marseille. Les lombrics s’étaient-ils transformés en monstres ? «C’est le cri du faucon pèlerin, nous a-t-il rassurés. Avant, j’avais le cri du kwata, le singe-araignée de Guyane, que j’ai fait tatouer sur mon épaule, mais on m’a dit que c’était un peu violent. Et le son de mes mails c’est le toucan à bec rouge.» L’homme est assez bien résumé dans ces quelques mots. A le voir, fluet et discret, barbe poivre et sel soigneusement taillée, tatouage planqué sous un tee-shirt, on ne soupçonne pas tout l’imaginaire qui se cache en lui et cette jungle foisonnante, remplie de créatures réelles ou fantasmées, qu’il est capable de nous raconter, sans lyrisme ni pathos, avec les mots simples et amoureux de quelqu’un qui sait de quoi il cause.
Le portrait
Colin Niel, génie rural du polar tropical
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L’ex-ingénieur des eaux et forêts, originaire de banlieue parisienne, puise la matière de ses polars dans la jungle amazonienne de Guyane.
L'écrivain Colin Niel à Marseille le 25 août. (Olivier Monge/Myop pour Libération)
Publié le 06/09/2022 à 17h55
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