Pour son premier grand rôle à l’écran, c’est peu de dire qu’il avait frappé fort. Promenant sa silhouette dégingandée à travers les causses de Lozère dans Rester vertical, Damien Bonnard errait en scénariste paumé en mal d’inspiration, valdinguant de paternité impromptue en coïts bisexuels, avec pour acmé une scène de sodomie gérontophile, dernière volonté d’un vieillard ermite en plan séquence sur fond de rock psychédélique. «Il est capable, tout en jouant simplement, de trimballer une grande complexité», loue le réalisateur Alain Guiraudie, pointant la «singulari-normalité» d’un acteur «bosseur, impeccable», qui se distingue aussi par «son physique, sa désinvolture concernée, sa façon d’être».
Dix ans après cette apparition fondatrice, qui lui a valu d’être nommé pour le césar du meilleur espoir masculin à l’âge vénérable de 39 ans, Damien Bonnard a su imposer sa gueule et sa voix rocailleuse au cinéma d’auteur, dans une trentaine de longs métrages. Flic dans les Misér




