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Le portrait

Ella Rumpf, Blue Helvète

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L’actrice insaisissable et poétique, qui incarne une future mère dans «Des preuves d’amour», s’affirme dans des rôles complexes.

Ella Rumpf à Paris, le 21 novembre 2025. (Marguerite Bornhauser/Libération)
Publié le 26/11/2025 à 15h54

Sur la banquette rose et bleu façon générique d’Un gars, une fille du bel hôtel Amour à Paris, Ella Rumpf se délecte de son pain au chocolat. La scène est douce. Jaillit alors dans notre esprit l’image d’elle grignotant des cuisses d’étudiants dans la comédie horrifico-lascive Grave, de Julia Ducournau en 2016. Elle avait 21 ans et des petites joues rondes sur lesquelles elle étalait du sang de lapin. Depuis, la discrète actrice franco-suisse de 30 ans balade son regard vert gris punk et plein d’aplomb sur les écrans, campant aussi bien une traductrice effrontée dans Sarajevo assiégé qu’une matheuse normalienne socialement inadaptée. Touchante et impénétrable, elle adoucit les cœurs dans le très beau

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