Avant d’être une femme d’action, Elsa Wolinski a été une fille de fiction, une esquisse au feutre noir. Sur les crobards enamourés de son père, tué dans les attentats de Charlie, on la voit ado affriolante et effrontée, la cambrure croquée haut, ou active se jouant des contraintes, son bébé dépassant de sa sacoche. A 49 ans, ce personnage de cartoon garde un rapport décomplexé à l’exposition et partage volontiers ses états d’âme avec ses 95 000 followers Insta. Maryse, sa mère, est décédée d’un cancer du poumon en décembre 2021. Victime collatérale de la tuerie, la journaliste et romancière, parfumée au Shalimar, paradait en escarpins dans les rédactions. Elsa déambule en sabots, fleure le gâteau au chocolat, se moule dans des leggings à paillettes et porte des cagoules en fausse fourrure rose. Petite, elle voulait être reporter de guerre à Kaboul. A la Caserne, lieu parisien où la mode responsable incube et se décuple, l’ex-rédactrice beauté au magazine Point de vue planche sur le décontracté et les slogans girl power de Sisterhood, sa marque de vêtements solidaire. Multipliant les casquettes, elle chronique dans l’émission Bel & Bien de France 2, monnaie son expérience de ménopausée instagrammable pour les produits Vichy et
Le portrait
Elsa Wolinski, vivre et laisser mourir
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Solaire et combative, la touche-à-tout de 49 ans évoque sans tabou la disparition de ses parents, Georges, le dessinateur de «Charlie», et Maryse, la journaliste et romancière.
Paris, le 10 février 2023. Portrait d'Elsa Wolinski. (Anaïs Kugel/Libération)
Publié le 24/02/2023 à 17h55
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