Mon cher Eric,
Si je voulais résumer avec désinvolture notre relation, je dirais qu’on s’est connu par la voile, et que c’est la question du voile qui nous sépare. La mer et les marins nous ont rapprochés à l’égal de notre compagnonnage au sein d’une gauche longtemps unitaire. Le fondamentalisme musulman et la manière dont tu t’en accommodes quand je tiens une ligne anticléricale qui fut longtemps celle de ton patron, Jean-Luc Mélenchon, nous ont valu rupture et engueulades.
Il y a quelques semaines, tu m’as envoyé une photo datée de 1989. Nous étions tous deux assis derrière un micro, échangeant par-delà les flots avec les solitaires du premier Vendée Globe. Ce clin d’œil m’a incité à renouer.
Tu as accepté sans difficulté de te prêter à l’exercice du portrait. Tu m’as reçu dans ton grand duplex du XIe arrondissement de Paris, acheté en 1997 quand les prix étaient au plus bas. Tes enfants qui ont l’âge des miens étaient alors au berceau et tu rappelles avec fierté que le coin était alors classé en zone d’éducation prioritaire. Aujourd’hui, ton fils fait dans l’événement




