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Le portrait

Fabienne Bichet, revenue d’entre les maux

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Victime de maltraitance et de viols, la directrice de casting, ancienne pensionnaire de la congrégation catholique du Bon Pasteur, s’affirme par la parole et revient sur son passé.

Fabienne Bichet à Paris, le 13 novembre 2025. (Ava du Parc/Libération)
Publié le 11/12/2025 à 15h34

Elle parle vite, si vite. Le stylo a parfois du mal à suivre la cadence. Un flot ininterrompu pour rattraper toutes ces années de silence où on lui interdisait de parler et de penser, elle, cette «mauvaise graine». Dans son chic appartement parisien qui fait face à la Seine, Fabienne Bichet, 69 ans, tout en blanc, ne tient pas en place : être occupée en permanence est «un bon moyen de ne pas penser à [son] passé». Ses cheveux blonds frisés sont en mouvement perpétuel. D’emblée, elle nous entraîne vers son immense bibliothèque. Des centaines de livres, des DVD. Logique pour cette directrice de casting à succès : deux James Bond à son actif, Michel Piccoli ou François Truffaut en compagnons de route, entre 60 et 80 films, «grosso modo». Sur une étagère, une pile de livres blancs fait son autre fierté. Dans Moi, Fabienne B., mauvaise fille, ce n’est pour une fois pas l’histoire des autres qu’elle pilote. Mais la sienne. Un témoignage dans lequel elle évoque ses calvaires à répétition : la maltraitance, l’inceste, les viols. Souvent, lors de l’écriture, Francis Grosjean, son époux, ancien réalisateur, la retrouve en pleine nuit en larmes au milieu du salon. «Ecrire, ça veut aussi dire revivre», rappelle-t-il en citant sa femme, avant d’imaginer une adaptation au cinéma. Lui ignorait l’ampleur du drame vécu par Fabienne. Ses trois enfants, la quarantaine, également. Camille n’a pas encore trouvé la force de lire l’histoire de sa mè

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