Tire-bouchonnée, la veste à petits carreaux noirs gît dans le coin du canapé. Délesté de cette armure de respectabilité, Fabrice Midal décoche un sourire à la photographe. Les minutes passent, l’intérêt pour l’objectif trépasse. Sous le vernis de civilité affleure le gosse énigmatique qui, à 11 ans, s’était entièrement dévêtu dans la cour de récréation, sidérant ses profs par l’intensité de ses hurlements. «Je suis longtemps resté un être sans bouclier […] un écorché vif sur qui le moindre incident avait un impact frontal», écrit cet auteur de best-sellers à injonctions (Foutez-vous la paix ! ; Sauvez votre peau, devenez narcissique !) dans Suis-je hypersensible ? Coquetterie marketing, le point d’interrogation ne s’applique pas à celui qui a longtemps vécu cette hypertrophie de la perception comme une calamité à combattre. Ne plus réfréner ce qui le submerge l’aide désormais à dédramatiser ses inconforts. A ses frères de larmes et aux empathiques de tous bords, il conseille de ne pas batailler et de saborder sans regret la sacro-sainte gestion du stress, un concept vide de sens. «Vouloir se calmer est une hérésie, un hypersensible n’y arrivera jamais. L’hypersensibilité ne se règle pas par la volonté», cingle-t-il avec raison. Car l’intelligence émotionnelle, piston créatif, œuvre souvent en noir, allant de la simple incapacité à dire non au burn-out dévastateur. Et quand le commun des mortels glisse en sifflotant sur les lac
Le portrait
Fabrice Midal, méditator
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Ce philosophe du quotidien, auteur à succès, revendique son hypersensibilité.
Fabrice Midal à Paris, en janvier. (Marie Rouge/Libération)
Publié le 09/02/2021 à 18h23
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