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Le portrait

Grégory Nieuviarts, croque-mortel

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Le quinquagénaire, l’un des piliers de la Coopérative funéraire de Rennes, organise des cérémonies sur mesure, avec inventivité et sensibilité.

Grégory Nieuviarts, à Rennes, le 27 octobre 2025. (Louise Quignon/Libération)
Publié le 30/10/2025 à 17h40

Vraiment, il donne envie de mourir à Rennes. Les funérailles qu’il organise envoient du bois et ça commence à se savoir. L’autre jour, une dame, à 50 kilomètres de là, l’a supplié de faire le déplacement. Pendant une heure, ils ont parlé de l’importance de se réapproprier la mort, de reprendre le pouvoir «collectivement», avec des alternatives comme la coopérative funéraire dont il est l’un des piliers. A son palmarès : ce cercueil suspendu en lévitation dans un parc, le temps de la cérémonie. Le défunt était un jeune acrobate, qui a passé sa vie à crapahuter sur tout et n’importe quoi : branches, tables… un vrai écureuil. En discutant avec le père, l’idée d’accrocher le cercueil aux arbres est apparue aussi folle qu’évidente.

On a donc passé notre dimanche soir avec un croque-mort génial. L’affaire était pourtant mal embarquée, temps breton et nuit noire. Sitôt assis sur la banquette d’un bistro avec vue sur la gare, la discussion s’engage sur les pratiques des thanatopracteurs. Une incision au niveau du nombril, ils enfoncent une tige en métal longue de deux bras, geste qu’il mime par souci de clarté, évitant de peu le feuillage décoratif en plastique derrière sa tête. Coup de bol pour notre voisin de tablée : lui avait ses écouteurs. Nous, en revanche, on a frôlé la syncope.

Son immersion dans la thanatopraxie remonte à presque vingt ans. A l’époque, Grégory Nieuviarts, 54 ans aujourd’hui, n’était pas du tout croque-mort, mais réalisateur de documentaires. Sa compagne Char

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