On connaissait le Joe Sacco de papier, créature crumbienne de reporter binoclard et lippu, scotché au fond des canapés défoncés des antichambres fétides de la guerre, des Balkans au Moyen-Orient. Calepin sur les genoux, thé toujours trop sucré à la main (mais avalé par politesse, face aux tortionnaires comme aux victimes), sarcasme en forme de rectangle en haut des cases d’austère noir et blanc. Voilà le Sacco de chair et d’os, Saint-Père de la BD journalistique, traits fins de curé coiffé d’un Fedora, dans un «bistro iodé» de Pigalle. Marathon médiatique, double actualité oblige. Guerre à Gaza d’abord, fiévreux pamphlet de 32 pages proclamant la «mort de l’Occident» dans les ruines de l’enclave palestinienne, coupable d’avoir soutenu aveuglément «l’autodéfense génocidaire» d’Israël. Couverture fine, prix dérisoire (7 balles), presque un tract – lui dit «un cri» – parmi les meilleures ventes BD de l’automne. Et puis Souffler sur le feu, épais volume sur les exactions subies par la minorité musulmane en Inde.
Le portrait
Joe Sacco : Gaza, sa bande destinée
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La guerre au Proche-Orient a poussé le pionnier de la BD journalistique à retourner à son sujet de toujours, la Palestine, sur un ton plus révolté que jamais.
Joe Sacco à Paris, le 26 septembre 2024. (Martin Colombet/Libération)
Publié le 17/11/2024 à 15h14
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