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Le portrait

Ju Furton, Père Eustache, caté chœur

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A la tête d’une chorale queer, l’artiste de cabaret s’est aussi créé un personnage de curé drag king pour rire des dogmes qui ont la peau dure.

Ju Furton alias Père Eustache, à Paris, le 23 janvier 2026. (Frédéric Stucin/Libération)
Publié le 19/02/2026 à 15h35

C’est une nuit festive et curieuse comme on ne pourrait pas en inventer dans un bar du IXe arrondissement de Paris, baptisé «le Barlone». En toute sincérité, celui qui écrit ce portrait y fait des extras ; car rien n’empêche de manier à la fois les mots et le shaker. Dans l’écrin du troquet qui accueille des cabarets, ce soir-là retentit l’air de l’iconique Jésus Reviens, mais avec les paroles : «Jésus, Jésus, Jésus est PD / Je ne vois pas pourquoi ça dérangerait / Du haut de sa croix, signe révélateur / Jésus écoute Mylène Farmer.» Ukulélé bien en main, le drag king Père Eustache vient d’entrer en scène, vêtu d’une chasuble resplendissante avec en son dos une conséquente vulve de tissu cousu. Endossant comme il se doit des attributs d’apparence dite masculine pour façonner un personnage performatif, Père Eustache porte la barbe grise et les sourcils foisonnants comme personne et lorsqu’il s’en déleste, redevient au civil Ju Furton, 31 ans, personne assignée femme à la naissance qui se définit aujourd’hui non-binaire, ni strictement homme ni strictement femme. Il se fiche un peu de savoir si l’on va employer «il» ou «elle» le concernant, comme d’alterner, pour ce portrait : «Je n’arrive pas à dire “iel” pour moi-même. Je suis le plus nul des non-binaires.»

Ju Furton, une fois les apparats de prêtre dévoyé mis de côté, nous apprend qu’il est également comédien·ne<

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