Un immense soulagement, doublé de l’impression étrange qu’il n’a pas été absent très longtemps. Quinze jours après son retour en France, Laurent Vinatier n’en revient toujours pas d’être sorti d’une prison russe. Et, somme toute, «sans trop de difficultés», ni trop de séquelles. Mais ça, il peut le dire maintenant, enfoncé dans le canapé en cuir de l’appartement cossu de ses parents, à Issy-les-Moulineaux, près de Paris. Les premières semaines de son incarcération, le chercheur français, spécialiste des pays post-soviétiques, interpellé en plein jour dans un café moscovite, n’en menait pas large. «J’avais une paralysie de la pensée. Je me disais que c’était pour intimider, que ça allait se résoudre rapidement, c’était absurde.» Mais quand il s’est vu condamné à trois ans de colonie pour avoir manqué de se déclarer comme «agent de l’étranger», Vinatier a compris qu’il ne sortirait que «si la Russie obtient un avantage politique».
Employé depuis 2014 d’une ONG de «diplomatie




