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Le portrait

Leïla Slimani, familles, je vous sème

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La romancière franco-marocaine qui en finit avec sa saga familiale est un personnage public et politique qui allie progressisme et légèreté, émancipation et frivolité.
Leïla Slimani à Paris, le 16 janvier 2025. (Laura Stevens/Modds)
publié le 23 janvier 2025 à 15h26

Elle donne rendez-vous à l’hôtel Amour. N’y voir aucune déclaration d’affection particulière. Leïla Slimani y occupe une chambre avec mezzanine et reprend ses marques dans cet établissement repeint en un exécrable rose Barbie. Cela ne semble perturber en rien l’écrivaine qui a longtemps vécu dans ce IXe arrondissement qui réunit une population de bobos référencés, de gourmands chouchoutés et de fêtards privilégiés. Ses sœurs, dentiste et médecin, résident dans les parages quand elle a pris la tangente pour rejoindre Lisbonne. La Goncourt 2016 est de retour pour présenter le troisième tome de la saga familiale qui réinvente l’existence des siens à travers le siècle passé. Le couple mixte initial, un spahi marocain et une infirmière alsacienne, sort de la guerre pour faire prospérer une exploitation agricole du côté de Rabat. Un banquier et une gynécologue prennent la suite dans les optimistes années 1970. Et voici que leurs deux filles, Mia et Inès, décalques à double face de la romancière, grandissent en sauvageonnes fortunées avant d’entamer à Paris des études de droit et de médecine. Au long cours de ses 1 200 pages, Slimani cavale sans jamais perdre en clarté d’exposition, ni en perspicacité humaine. Elle a l’art de doser complexité et compréhension, allant et noirceur, tenant ferme les rênes de sa narration.

Officielle. Mais Leïla Slimani ne peut se résumer à son talent littéraire. Elle fut la tête de pont de la Francophonie pendant le quinquennat initial de Macron

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