La harde des motos pétarade dans un orage de chocs métalliques, d’invectives. Les pilotes se jaugent ou s’encouragent dans une symphonie de moteurs. Vient le départ. On sentirait presque l’essence cramée à toute berzingue. On se verrait bien le poignet cassé, agrippé à l’accélérateur. Coup de frein, coup de gaz. Une basket contre le cale-pied, l’autre en lévitation, fendant l’air. Cette scène du film Rodeo de Lola Quivoron fait remonter les souvenirs du banlieusard, spectateur lointain de ces corridas urbaines. Elle nous colle au siège en velours rouge du cinéma et nous donne envie de faire partie de ce barouf propre à la «bike life» ou «cross bitume».
Deux jours plus tard, on retrouve la réalisatrice devant la Fémis, l’école nationale supérieure des métiers de l’image et du son. «Une école avec beaucoup de règles, où on t’apprend à tout contrôler. En faisant Rodeo, j’ai justement appris à ne rien contrôler. C’est d’une jouissance incroyable», lâche Lola Quivoron, le regard tourné vers le grand portail de l’institution d’où elle est sortie diplômée en 2016. En terrasse d’un café de




