On prononce «Mullié», pas «Mullièze». Lui, c’est Gérard, 94 ans, le fondateur d’Auchan, le patriarche de cet empire de la grande distribution, qui a lâché la barre à reculons, poussé par une limite d’âge qu’il n’avait cessé de reculer. Elle, c’est Margaux, 35 ans, sa petite-fille. Elle publie ces jours-ci la biographie très autorisée de cet apôtre du secret. Ce croyant ne se contente pas de penser que pour vivre riche, mieux vaut vivre caché, il tient l’exhibition de soi comme l’un des péchés capitaux. Et met en application l’une des devises maison : «Le bruit ne fait pas de bien. Le bien ne fait pas de bruit.» Pourquoi a-t-il accepté de se raconter ? Parce que les années passent, et qu’il ne pouvait faire confiance qu’à l’une de ses descendantes…
Origines. Gérard Mulliez n’est pas issu de la paysannerie ou du prolétariat. Il est l’un des rejetons de la bourgeoisie textile du Nord. Son père était l’un des dirigeants de Phildar, marque de prêt-à-tricoter des années 50.
Margaux Mulliez est la fille d’Arnaud, l’aîné de Gérard. Pour lui succéder aux manettes de l’Association familiale Mulliez (AFM) qui détient Auchan, Decathlon, Leroy Merlin et compagnie, Gérard a recommandé un neveu plutôt que son fils. En cela, il a suivi l’un des autres préceptes du groupe, fort de 700 OOO salariés à travers le monde : «Rien ne pousse à l’ombre des grands chênes.» Malgré tout, Arnaud a présidé le conseil de surveillance d’Auchan, avant de prendre du champ et de s’envoler ve




