Il surjoue soudainement la solennité : «On va être très honnête : si on n’avait pas dit qu’on faisait un 20 heures, on ne serait sûrement pas là, aujourd’hui, à se parler.» Il n’a pas tort, Maxime Switek, attablé au fond du Patakrep, humble cantine bretonne du XVIIIe arrondissement de Paris, son quartier. C’est vrai que si on l’a sollicité pour ce portrait, c’est bien en raison de cette annonce bombardée en fin d’année dernière par BFM TV. Après son rachat par l’armateur milliardaire Rodolphe Saadé, la chaîne info s’est décidée à aller chasser en fin de journée le téléspectateur sur les terres de TF1 et France 2, se détournant de la tendance «CNewsoïdale» aux débats forts en gueule.
Depuis le 6 janvier, voilà donc le 20h BFM, et Switek aux commandes. Deux heures d’info avec un déroulé de sujets (comme un vrai JT), délayé par des interventions de trois chroniqueurs spécialisés (politique, économie-conso, international). «On a cherché à respecter certains codes du 20 heures, tout en laissant plus de temps aux thématiques, explique celui qui a le rôle de chef d’orchestre, cravate de rigueur et houppe signature. Je raconte l’actu, mes camarades la décryptent.» En jugeant sur pièce, on a tout de même un peu l’impression de se faire arnaquer, avec cette tranche d’info saveur yaourt