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Le portrait

Meseret Hadush, réparer les vivantes

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La célèbre musicienne a lâché sa carrière pour aider les femmes violées pendant la guerre au Tigré, en Ethiopie. Jusqu’à se mettre elle-même en danger.

Meseret Hadush à Paris, le 22 novembre 2025. (Cyril Zannettacci/Vu pour Libération)
Publié le 22/12/2025 à 16h09

Avertissement

Cet article relate la description de violences sexuelles et peut choquer.

On commence à peine à discuter ce vendredi soir de fin novembre, dans un local associatif à Paris. Quand soudain son regard se voile de larmes. Suite à une question pourtant banale : «Alors, quand est-ce que vous comptez rentrer chez vous ?» On se trouve face à une femme de 39 ans, considérée comme une battante, auréolée fin septembre d’un prix prestigieux en Allemagne. Son combat, en faveur des femmes violées pendant la guerre qui a ensanglanté sa région natale du Tigré, dans le nord-est de l’Ethiopie, est également au cœur d’un documentaire récent. Lui aussi primé cet automne.

On l’imaginait donc comblée, après avoir été acclamée, honorée partout, pendant une tournée de trois mois en Europe. Impatiente de retourner chez elle, renforcée par l’intérêt suscité par son combat. Mais elle ne rentrera pas. «C’est devenu trop dangereux pour moi», lâche Meseret Hadush, qui confie avoir pris cette décision inattendue, deux jours avant notre rencontre. Sa voix se brise, elle essuie furtivement ses grands yeux brillants à l’iris d’un noir incandescent, qui ra

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