Ici Londres ? Résistant, il l’est. Ici l’ombre : caché, il l’est trop. Figure d’un rock indé, ardent et intransigeant, Michel Cloup, 54 ans, a le chaos vindicatif, la notoriété calfeutrée dans les marges. Sa musique n’a rien d’une eau froide ou tiède, elle est eau vive ou forte. En mouvement perpétuel et remise en cause permanente, sans jamais rien lâcher de son mordant créatif, il vient de sortir un double album dantesque, Catharsis en pièces détachées. Un direct de /du gauche étincelant, vrombissant, dynamitant, où le calme annonce toujours des tempêtes. Il y torpille, entre autres, l’IA, «avant-garde de notre annihilation», l’austérité antisociale ou la chasse aux wokes. «Je ne suis pas dans le contemplatif ou le méditatif, mais le viscéral : j’ai besoin que ça transpire, que ça vibre», résume-t-il. «Michel est un antirésigné, toujours droit face au tumulte du monde et la noirceur ambiante», dit Jean-Gabriel Périot, réalisateur du film Retour à Reims, dont Cloup a composé la musique originale.
On retrouve l’auteur-compositeur toulousain dans un vieux bar PMU du XXe arrondissement parisien, regard clair, esprit laser, au lendemain d’un festival étudiant poitevin où il a mis en musique Ne croyez surtout pas que je hurle, de Frank Beauvais. Les cafés ont défilé, comme sa vie au cours de laquelle il ne semble jamais cliquer sur pause. Voilà plus de trente-cinq ans qu’il enquille groupes (Lucie Vacarme, Diabologum, Expérience), projets




