Menu
Libération
Le portrait

Mitra Hejazipour, échec(s) aux mollahs

Réservé aux abonnés

Figure mondiale des échecs, la joueuse d’origine iranienne, naturalisée française, refuse d’être complice d’un régime sanguinaire et misogyne.

Mitra Hejazipour, le 15 janvier 2026 à Paris. (Mahka Eslami/Divergence pour Libération)
Publié le 25/01/2026 à 16h40

Tailleur-pantalon bleu pâle, Mitra Hejazipour, joueuse d’échecs franco-iranienne, ne déparerait pas dans les salons feutrés de la diplomatie internationale. Ce n’est pourtant pas à des fins de représentation que talent et audace se font la courte échelle dans son esprit. En décembre 2019 à Moscou, lors des championnats du monde de blitz, ce grand maître international féminin a osé l’impensable, se présenter face à son adversaire sans son voile. Un geste synonyme d’exclusion à vie de l’équipe nationale iranienne. Six ans plus tard, perchée sur ses stilettos, la trentenaire se penche sur un échiquier improvisé où règne l’anarchie. Pions couchés, cavalier renversé, la partie mise en scène par la photographe part à vau-l’eau.

Vu la situation dans son pays natal, on n’imaginait pas à notre interlocutrice l’impassibilité lisse que sa discipline requiert. Dans les locaux design de sa maison d’édition, on découvre une femme en colère, inquiète du peu de réaction des Européens face à la répression des mollahs.

Dans la même rubrique