Il est venu à reculons vers cette der de Libération. En refusant d’évoquer ses dossiers sensibles ouverts à la Cour pénale internationale (CPI), en bordurant le chapitre familial, en se refusant toute légitimité à apparaître dans la lumière. «Les juges ne devraient pas trop s’exprimer dans les médias», a-t-il démarré. A l’heure des boursoufflures d’ego, le préambule surprend. «Il s’en fout de sa petite personne, il est surtout porté par l’intérêt général, et ce qu’implique tout ce qui lui arrive d’inadmissible», raconte l’eurodéputée Aurore Lalucq, qui préside la commission des affaires économiques et monétaires. Elle est sortie «impressionnée» et «alarmée» par sa rencontre avec Nicolas Guillou qu’elle a trouvé «très seul».
Le magistrat français venait d’être sanctionné par l’administration Trump après avoir autorisé des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et son ministre de la Défense Yoav Gallant. Tous deux inculpés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité pour leurs exactions à Gaza. Nicolas Guillou était sur son vélo, en vacances en Bretagne, quand il a appris le 20 août dernier que son nom figurait sur la liste américaine des 15 000 sanctionnés. Aux côtés de jihadistes, de narcotrafiquants, de dictateurs et de huit autres magistrats de la CPI.
«Les emmerdes commencent», a évalué Guillou en poursuivant sa balade. Il a vu juste. Désormais, il enchaîne déconvenues et refus. Il a v




