La première fois qu’on rencontre Patrick Haddad, Sarcelles (Val-d’Oise) panse encore les plaies des violentes émeutes antisémites qui ont eu lieu le 20 juillet 2014, en marge d’une manifestation interdite pour protester contre une intervention militaire à Gaza. Des jeunes ont tenté d’incendier la grande synagogue avant de mettre à sac le quartier juif. Traumatisée, la communauté juive verra dans les années suivantes un tiers de ses 18 000 membres émigrer en Israël ou vers d’autres villes d’Ile-de-France réputées plus sûres. Tandis que François Pupponi, le maire socialiste de l’époque, dénonce les «hordes sauvages», Haddad, son adjoint, tente timidement de faire entendre un autre point de vue, moins désespéré : «J’avais dû vous dire que Sarcelles ne se résumait pas à ces émeutes, même si j’étais plus pessimiste à l’époque que je ne le suis maintenant car les relations entre les communautés avaient atteint un point de non-compréhension mutuelle. Et puis je n’avais pas encore le pouvoir de changer les choses.»
Le portrait
Patrick Haddad, ensemble, c’est tout
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Le maire de Sarcelles a su apaiser dans sa ville les tensions entre communautés juive et musulmane et espère que le conflit entre Israël et le Hamas ne les rallumera pas.
Patrick Haddad, à la mairie de Sarcelles, le 19 octobre 2023. (Cha Gonzalez/Libération)
ParEve Szeftel
Publié le 17/11/2023 à 15h30
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