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Le portrait

Philippe Etienne, sherpa à pas

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Le diplomate, ex-conseiller de Macron qu’il continue à défendre, oppose sa placidité réfléchie à la fureur du monde.

Philippe Etienne à Neuilly-sur-Seine, le 12 janvier 2025. (Rémy Artiges/Libération)
Publié le 23/01/2026 à 15h36

C’est un art, la langue de bois. Philippe Etienne l’a sculptée durant quarante-cinq ans au Quai d’Orsay, ambassadeur à Bucarest, à Berlin, à Washington, ex-conseiller diplomatique d’Emmanuel Macron. Pas un mot de trop, il a toujours été analytique devant les furieux du monde, Poutine, Trump, Xi Jinping, impavide et loyal au chef de l’Etat. Sans doute aimerait-il désormais se lâcher un peu, promouvoir au mieux ses mémoires, 400 pages bien sérieuses intitulées le Sherpa, ce nom donné aux guides de haute montagne en Himalaya et au bras droit à l’international du président. L’éditeur l’a poussé à donner de sa personne. Soit. La poignée de main est raide en ce pluvieux matin de janvier, mais le sourire taquin : «Désolé par avance d’être un mauvais client.»

L’ambassadeur reçoit chez lui, à Neuilly-sur-Seine, dans la petite maison bâtie par son arrière-grand-père architecte où il a grandi. Toute une vie de famille fossilisée sous les meubles anciens, les livres, les santons de Noël, les jeux de société, les marqueteries de ses origines alsaciennes. Il a sorti, pour la séance photo, sa cravate Hermès, offre des chocolats. Ici, tout est calme, le café coule, son épouse, toute discrète, râpe les carottes, après la séance de gymnastique conjugale.

Dehors, ça castagne, Trump menace d’envahir le Groenland, peut-être l’Iran : «On entre dans une phase d’accélération historique. Vous savez, nous, les diplomates, on vit dans les crises, on les aime même.»

Qu’il a «adoré»

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