Il est plus doux, le temps de la retraite, et ce n’est pas Philippe Martinez qui dira le contraire. L’ancien secrétaire général de la CGT a raccroché les crampons en 2023 à 62 ans tout pile, après un dernier passage de six mois chez Renault, son employeur historique, avec mission de rédiger un rapport sur l’amélioration du dialogue social. Martinez est un travailleur comme les autres, en fin de compte, et il lui manquait deux trimestres pour bénéficier d’un taux plein pour la retraite. «Les gens étaient surpris de me voir revenir, raconte-t-il mi-novembre, dans un café du nord de Paris. A la cantine, je voyais les regards : “Est-ce que c’est bien lui ?” J’ai eu un accueil vachement sympa.»
La retraite est liquidée, désormais, et le syndicaliste prend son temps. Il rigole : «Je fais un peu de tout, mais avec modération.» Donne des coups de main à des camarades qui font appel à lui. Se «balade» un peu partout en France. Répond quelquefois aux sollicitations médiatiques, mais pas trop non plus. «Etre le vieux dinosaure qu’on appelle pour donner un avis éclairé», ça le «gonfle».




