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Libération
Le portrait

Sana, la survie devant soi

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Rescapée de Daech en Syrie, où elle a été emmenée de force par sa famille à 15 ans, la jeune mère tente de se reconstruire.

Sana, à Paris, le 28 novembre 2025. (GONZALEZ Cha/Cha Gonzalez)
Publié le 06/01/2026 à 15h55

En ce vendredi d’hiver parisien, Sana a fait du nail art. Des flocons de neige sur ses ongles soignés. Toque fourrée ivoire et manteau assorti, la jeune femme de 26 ans est élégante et enjouée. En levant les yeux, un détail troublant: une cicatrice, au niveau de la trachée, stigmate de l’enfer de ses vingt-quatre premières années de vie. Elle raconte cette nuit de 2019 où elle fut visée par un sniper à Baghouz, à la frontière syro-irakienne, alors qu’elle cherchait des dattes pour ses deux filles faméliques.

Sana est un nom d’emprunt. Son patronyme témoigne d’une vie dont elle fait des cauchemars toutes les nuits. On remonte le cours de son existence, et tout n’est que violence. Car, si elle vient de publier une émouvante bande dessinée, écrite avec la journaliste Gaële Joly, pour raconter son histoire d’adolescente emmenée de force par sa famille jihadiste en Syrie, sa trajectoire est aussi celle d’une enfant victime de

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