Il se tient debout, le regard infusé de pudeur. C’est le quart d’heure de solitude propre aux artistes censés faire le service après-vente le jour du vernissage. Le public est toujours preneur d’explications, mais là, cette dernière livraison de Taysir Batniji pour la Biennale de Lyon se passera de discours : 200 images de trousseaux de clés, photographiés très simplement, sur fond blanc. Sous chaque cliché, un court récit de la vie de ces personnes contraintes de fuir les bombes. A l’évidence, ces clés n’ouvriront plus de porte, et une gomme suffirait à effacer les témoignages annotés au crayon à papier. «J’ai mis du temps avant de demander leurs clés à mes frères», avoue celui qui connaît la symbolique de cet objet pour les Palestiniens depuis la dépossession des terres en 1948. «Les familles ont conservé celles de leurs maisons dans l’espoir d’un retour.» On se demande, nous, comment le Franco-Palestinien parvient à conserver un regard distancié sur les désastres de la guerre. «C’est le propre des grands artistes de partager leur vécu sans se positionner en victime», a prévenu son galeriste E
Le portrait
Taysir Batniji, les clés de Gaza
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L’artiste franco-palestinien, né dans l’enclave et vivant à Paris, travaille sur la mémoire de ses lieux originels récemment détruits.
Taysir Batniji à Paris le 1er octobre. (Martin Colombet/Libération)
Par
Sibylle Grandchamp
Publié le 07/11/2024 à 19h01
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