Elle ressemble à sa ville natale. Flamboyante, coquette et malicieuse. Généreuse et enveloppante. A Odessa, on la surnomme tendrement «Notre Sophia Loren». La chanteuse lyrique Vira Revenko a de fait un air de ressemblance, aussi léger que son parfum, avec la diva italienne. Elle nous a donné rendez-vous dans le fastueux restaurant du Bristol, écrin sur mesure pour la célèbre soliste du Théâtre d’opéra et de ballet d’Odessa. Robe de velours noire, énorme fleur rouge à la boutonnière, chignon flou blond platine, elle semble descendue de scène il y a cinq minutes.
Quand l’invasion russe à grande échelle a commencé, comme pour couvrir le bruit des missiles, Vira Revenko n’en a chanté que plus fort. «Un artiste ne peut pas prendre les armes, il ne sait pas s’en servir. Mais notre arme, c’est notre voix.» Sa façon à elle de participer à l’effort de guerre. A ses concerts et cours dispensés à l’Académie nationale de musique, s’est ajoutée une intense activité caritative. Récemment encore, elle a emmené ses étudiants interpréter des chants ukrainiens dans un hôpital militaire, autour des lits de soldats mutilés. «Beaucoup pleurent, surtout quand nous chantons l’hymne national, raconte-t-elle avec une émotion sincère. Ils sont allongés là, sans bras, sans jambes. Mais ceux qui le peuvent portent toujours la main au cœur. C’est une épreuve psychologique pour nous aussi, les chanteurs.»
Durant sa carrière, longue de trente ans, Revenko a vécu et a travaillé en Chine




