Zaz s’en cogne. Elle se souvient à peine des haters à babines rageuses qui débinaient jadis sa dégaine d’altermondialiste à mitaines, et des moralistes du PAF qui ricanaient de son «message un peu tarte» ou de son tutoiement spontané. Avec des titres au succès stratosphérique, 500 millions de streams pour Je veux, un «déclencheur de joie», elle a baladé son timbre ébréché et jazzy, sa gouaille à la Piaf et ses onomatopées de Vladivostok à Bogota. Dégainant son sourire en «arme politique», elle brandit haut sa positivité et continue d’interpeller ses interlocuteurs à la deuxième personne du singulier.
Et, dans un élan d’indulgence, elle absout ceux qui s’étaient engouffrés dans ses fragilités. «Je pardonne pour oublier /Je pardonne pour respirer /Pour arrêter de remuer /Les couteaux dans mes plaies», chante-t-elle en ouverture de Sains et Saufs, son sixième et meilleur album. Epaulée par des pointures de l’expression, comme le belge Noé Preszow et Raphaël, elle a pioché dans son vécu de l’universel qui fait mouche. La crainte du dérapage fatal de l’addict, la disparition d’un parent, la déclaration à la mère ou l’amour qui sauve de tout. Revenue depuis belle lurette de ce «pays des merveilles ou pas» qu’est la dope, le phénix autoproclamé a bazardé, au début du Covid, toutes ses béquilles, le café, les clopes et l’alcool, «une drogue dure». Volontiers introspective, elle s’étonne que les médias




