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Alpinisme

Piège en haute montagne

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Un livre retrace la tragédie qui fit huit morts en mai 1996 à l'Everest.

Extrait du film Everest de Baltasar Kormákur (septembre 2015). (PHOTOGRAPH BY UNIVERSAL PICTURES VIA EVERETT )
Publié le 20/04/1998 à 23h16

Jon Krakauer a deux points en commun avec James Cameron. Le succès de son livre rappelle, toutes proportions gardées, celui de Titanic: depuis sa sortie, il y a un an, les Américains ont déjà acheté près d'un million d'exemplaires de Into Thin Air (1) et trois films sont en cours de tournage ou déjà sortis). Surtout, ce journaliste, alpiniste et écrivain a su démonter avec talent, tout en désamorçant le suspense dès la première page, l'implacable engrenage d'une tragédie ­ certes moins connue et moins meurtrière que celle de 1912 ­ dont il fut acteur et témoin. La comparaison s'arrête là, car l'Everest de Jon Krakauer n'est vraiment pas glamour. Il s'ouvre par cette vision abrupte du sommet: «Installé sur le Toit du monde, je n'avais plus la force de m'en soucier. C'était au début de l'après-midi du 10 mai 1996. Je n'avais pas dormi depuis cinquante-sept heures. La seule nourriture que j'avais réussi à avaler depuis trois jours se réduisait à un bol de potage et une poignée de cacahuètes enrobées de chocolat.» Et, très vite: «Plus tard, quand on eut découvert six corps et renoncé à retrouver ceux des deux autres disparus, quand les chirurgiens eurent amputé la main droite gangrenée de mon compagnon de cordée Beck Weathers, certains se demandèrent pourquoi, puisque le temps avait commencé à se gâter, les grimpeurs n'en avaient pas tenu compte.»

Voilà. Pas de suspense, mais un récit prenant, une enquête complète sur le naufrage, à plus de 8000 mètres d'altitud

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