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Libération
FROID DEVANT (4/7)

Les saisonniers de la cryogénisation

Au départ, ils ont loupé le coche, oublié de décamper avec le grand hiver... Chronique animalière.

(Tarrytown / Flickr)
Publié le 13/02/2017 à 11h30

Certes, l’ours polaire et le lapin nous paraissent plus familiers mais il n’y a pas que les mammifères dans la vie! Bien au contraire, pour trouver des adaptations singulières au froid et à l’hiver, rien ne vaut d’aller faire un tour chez les espèces moins ordinaires.

Prenons les vertébrés à sang froid, poissons, grenouilles, serpents et autres visqueux. Parmi eux, la

zoarces americanus

, une anguille de roche américaine (la «loquette d’Amérique» pour les intimes, photo ci-contre), qui secrète une protéine antigel lui permettant de ne pas congeler lorsque l’océan plonge dans des températures négatives. Car contrairement à l’eau douce, les mers salées peuvent descendre en dessous du zéro fatidique sans changer d’état. Un véritable défi pour toute vie qui se respecte ! Cette molécule se lie avec les cristaux de glace au début de leur formation, les empêchant de se développer et de gonfler dans le corps des poissons.

Ce type de comportement se retrouve également chez certaines grenouilles qui vivent dans des territoires hostiles, où le thermomètre peut friser les -20°, par exemple en Alaska. Elles deviennent alors dures comme glace, et passent l’hiver congelées, bien au froid dans leur trou. Pour autant, elles ne trépassent pas et retrouvent toute leur vivacité et élasticité au printemps. Leur formule magique : une molécule antigel - un peu l’équivalent du lave-glace - qui évite que leurs cellules ne s’endommagent de l’intérieur. Il y a de quoi faire des envieux!

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