Le tribunal administratif de Nice vient de donner raison à deux
chercheurs qui s'estimaient «maltraités» par le CNRS. CONFLIT. «Nous sommes réhabilités.» Pour Gilbert Reinisch et Jean-Claude Fernandez, tous deux chercheurs au CNRS, aujourd'hui «au placard dans un labo de géologie de Sophia-Antipolis qui n'a rien à voir avec nos activités (travail théorique sur ces ondes particulières que sont les solitons, ndlr)», le jugement que vient de rendre le tribunal administratif de Nice est une réhabilitation.
Après quatre ans de procédure, viennent en effet d'être reconnus les torts de l'Observatoire de Nice et du Centre national de recherche scientifique pour avoir ordonné en 1988 une destruction intempestive de fichiers informatiques des deux chercheurs, et ce, sans que ces derniers en aient été avertis (voir Libération 18/6/90). Ils n'en ont été «officiellement informés que le 19 décembre 1989, soit plus d'un an après», a reconnu le tribunal. Une somme de 15.000F (chacun) de réparations leur est par ailleurs accordée. Reste que pareille réhabilitation, réconfortante sur un plan moral, conserve un goût amer: «Cette affaire a brisé ma vie professionnelle», estime ainsi Gilbert Reinisch, qui fut naguère directeur scientifique d'un programme doté de fonds européens (3 millions de francs), et dont les travaux étaient qualifiés en 1988 de «travail intéressant, (qui) montre que l'Europe peut devancer les Etats-Unis dans un certain nombre de domaines» par Daniel Toulouse, à l'époque di




