Conçus et éclos en apesanteur dans la navette «Endeavour», les
têtards de l'espace sont devenus de respectables grenouilles semblables à celles d'ici-bas.
Spatiosexologie. Deux ans et demi qu'elles étaient redescendues sur Terre et toujours pas de nouvelles des grenouilles de l'espace. Il était temps que Kenneth Souza de la Nasa et son équipe publient les résultats de leur expérience sans précédent: la fécondation et l'éclosion dans l'espace d'animaux vertébrés (1). Déception pour les amateurs de mutants galactiques, les bébés de l'apesanteur sont des têtards vaillants, normaux sous toutes les coutures, ou presque. Retour en septembre 1992. La navette spatiale américaine Endeavour décolle avec quatre passagères peu ordinaires, des Xenopus laevis femelles, grenouilles sélectionnées pour leurs qualités de reproductrices (2). Une fois en orbite, le Dr Mae Jemison (la première astronaute noire) a fait pondre les dames Xenopus, à l'aide d'une stimulante injection d'hormone sexuelle, la gonadotrophine. Restait à inséminer les oeufs avec du sperme de monsieur Xenopus. «Sans doute l'une des manipulations les plus délicates jamais réalisées à bord du Spacelab», commente le Canadien Richard Wassersug, le spécialiste ès têtards qui a copiloté l'expérience. Les oeufs fécondés ont ensuite été placés dans deux containers différents. L'un, soumis à l'apesanteur, l'autre, qu'une centrifugeuse maintient à la gravité terrestre. Cet échantillon de contrôle était nécessaire pour isoler les effe




