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Libération
Interview

Big Bang, le père sévère du Cosmos.

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Pour James Peebles, le «modèle cosmologique standard» reste d'actualité.

Publié le 24/10/1995 à 10h00

«Ceci n'est pas une crise. Elle ne l'est que pour ceux qui ont une idée bien arrêtée d'un certain modèle d'Univers.» Pas en crise, la cosmologie, cette «science» qui entend raconter l'histoire de l'Univers? Alors que depuis plusieurs mois les titres de journaux claironnent, tels des hérauts inquiets, le doute des scientifiques sur l'âge de l'Univers, plus jeune que ce qu'on «croyait», 7 ou 9 milliards d'années seulement (1). Quand ne revient pas, couac à faire grincer des dents, l'apostrophe récurrente: «Allez, avouez-le donc, le Big Bang, ça ne marche pas si bien que ça, hein?»

Eh bien le cosmologiste américain James Peebles n'est pas d'accord, le Big Bang est là et bien là. Cette théorie qui voit l'Univers naître soudain, comme en un point d'une densité gigantesque, l'espace et le temps naissant de concert, les particules (quarks, protons, neutrons, électrons...) et les quatre forces régissant l'Univers (2) apparaissant ensuite et, successivement, la matière prenant le pas sur l'antimatière, la lumière se séparant de la matière... Saga de 300 000 ans nous racontant les débuts du monde.

Justement, Peebles ne se fait même pas prier pour lâcher: «L'âge de l'Univers? Si vous insistez, eh bien, je l'estimerai à ... 15 milliards d'années, à 2 milliards d'années près.» Autrement dit, un chiffre que l'on entend répété depuis des années, mais... qui n'a pas l'heur d'être en ce moment à la mode et de faire de gros titres ­ à moins que la cosmologie ne regalope à toute vitesse vers se

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