Lundi 1er janvier 1996. Depuis Noël, il est tombé plus d'un mètre de
neige sur l'Alpe-d'Huez. En haut du téléphérique du pic Blanc, à 3.328 mètres d'altitude, un petit groupe de skieurs hésite. Certes le drapeau noir est hissé, signe de danger, mais la poudreuse, cette «poudre» qu'on voit sur tous les dépliants des stations de ski, est belle, et l'endroit semble si sûr: tous les matins, des artificiers partent «purger» les pentes les plus exposées, déclenchant à l'explosif les avalanches des couloirs répertoriés et numérotés.
Alors les skieurs choisissent de passer outre le panneau «piste fermée», enjambent une corde et s'engagent dans les pentes de neige vierge. A 11h58, c'est le drame. Une cassure sous les skis, et la pente se met en mouvement. Une première avalanche se déclenche, bientôt suivie d'une deuxième qui atteint jusqu'à dix mètres d'épaisseur. Les skieurs hors piste sont saufs, mais six personnes sont ensevelies sur la piste noire de Sarenne, en contrebas.
Les sauveteurs dégageront cinq personnes indemnes, mais ne peuvent rien pour la sixième, morte étouffée. Accident «banal», première avalanche d'une année qui en comptera une cinquantaine, avec une centaine de personnes emportées et près de trente morts (1).
Que s'est-il passé? La pente, une zone à risque dûment répertoriée (n$27) sur la «carte de localisation probable des avalanches», avait été déclenchée la veille à l'explosif, sans succès. Alors, pourquoi ce matin-là? «Le manteau neigeux subit une métamorphose pe




