Tokyo de notre correspondante
Quand les ingénieurs de la base spatiale japonaise de Tanegashima, petite île située au sud de l’archipel, ont vu la fusée H2 parfaitement décoller pour son quatrième lancement, ce dimanche 17 août 1996, ils ont poussé un soupir de soulagement. Pas seulement parce que, pour la première fois, cette fusée de technologie 100% nippone lançait simultanément deux satellites, dont un de 3,5 tonnes, Adeos, le plus gros dédié à l’environnement jamais envoyé en orbite. Mais parce qu’ils n’avaient pas droit à l’erreur. Le Japon a beau détenir à son actif vingt-sept lancements réussis consécutifs depuis celui de la première fusée N1, dont un sans-faute pour H2, depuis son premier tir, en février 1994, celui-ci était crucial. Enjeu: l’entrée de l’archipel sur le marché hautement compétitif des lancements commerciaux, fruit de trois décennies de recherche spatiale (1).
Premier contrat. En cas de succès, le plus grand constructeur mondial de satellites, la société américaine Hugues, avait promis à Rocket Systems Corp. (RSC), l’Arianespace japonais, la signature de son premier contrat industriel: le lancement de dix satellites, dès le début des années 2000. Ce contrat a été formalisé fin novembre. RSC utilisera une version améliorée et moins coûteuse de H2, baptisée H2A, dont le développement a commencé en avril. Baptême prévu en 1999. Il n’y a pas si longtemps, pourtant, nul ne prenait au sérieux les velléités du Japon dans le domaine spatial. Il lui fal




