Marseille envoyé spécial
Depuis qu'ils ont passé la barre des 8 000 mètres d'altitude, ils «rampent» c'est leur mot. Les huit «altinautes» ont perdu l'appétit, le sommeil, souffrent de migraines parfois violentes, se traînent, essoufflés du matin au soir, entassés à huit dans trois caissons de la taille d'un studio. Léthargiques, amorphes, il atteindront demain, à deux pas du Vieux-Port, le sommet de l'Everest. Ou, pour être précis, ils endureront la pression qui règne là-haut: un peu moins de 300 millibars.
Ces effets du manque d'oxygène, les huit reclus volontaires de l'opération «Everest Comex 97» savaient qu'ils devraient les endurer pendant trente-deux jours, tout en travaillant huit heures quotidiennes pour se soumettre à des dizaines de tests, engranger des milliers de données. Pressés d'en découdre, les «altinautes» attendaient même avec impatience cet assaut final à 8 846 mètres. Car c'est le but de l'opération: reproduire en caisson l'ascension du plus haut sommet du globe, pour étudier les effets du manque d'oxygène (l'hypoxie) sur l'organisme. «Il y a encore beaucoup de choses à apprendre, explique le docteur Jean-Paul Richalet, concepteur de l'opération. Pourquoi est-on malade en altitude? Pourquoi les performances physiques et mentales sont-elles altérées? Que faire pour l'éviter?» Retour sur trois temps forts de l'expérience.
25 mars, Chamonix. Les choses sérieuses commencent là. Les huit volontaires, tous alpinistes, ont été sélectionnés parmi seize candidats




