On ne s'attaque pas impunément au coton, au maïs ou au tabac. Car,
face aux chenilles qui les agressent, ces espèces végétales, et sans doute bien d'autres, sont moins vulnérables qu'elles n'en ont l'air. Elles ont des hommes de mains pour les défendre: des armées de parasites qui rappliquent au moindre appel au secours, à la moindre fusée de détresse odorante. «On sait depuis quelques années que les plantes dégagent des signaux chimiques pour recruter des alliés dans leur lutte contre les herbivores», explique Joe Lewis de l'université de Tifton (Georgie, Etats-Unis), «mais on commence seulement à comprendre leur tactique.» Une tactique bien plus élaborée et efficace que les chercheurs ne le pensaient (1).
«On croyait que les signaux émis par les plantes étaient toujours les mêmes, quel que soit le ravageur qui les attaque», poursuit Joe Lewis. En réalité, ils sont parfaitement ciblés pour n'appeler que le parasitoïde (un parasite tueur) spécifique de l'insecte herbivore agresseur. Du sur-mesure. Ainsi, les pieds de coton attaqués par les chenilles de l'espèce Heliothis virescens attirent une petite abeille rouge, Cardiochiles nigriceps, pour les détruire. Mais, lorsque le même coton est brouté par les larves du papillon Helicoverpa zea, un autre type d'herbivore dévastateur, la petite abeille ne s'approche pas. Le cocktail de molécules volatiles (terpènes, sesquiterpènes et acétates) envoyé par le coton n'est pas à son goût.
«Très souvent, les parasitoïdes sont sensibles à d




