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Ouvrages sous surveillanceCréée en 1997, la Commission mondiale sur les barrages va proposer de nouvelle règles.

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Publié le 03/11/1998 à 15h38

Lorsque, en 1995, la Banque mondiale annula ses financements promis

à l'Inde pour construire un gigantesque barrage sur le fleuve Narmada, elle répondit ainsi à une immense opposition populaire: soutenus par des scientifiques et des associations internationales, des millions d'Indiens refusaient par avance le déplacement massif des populations qu'allait entraîner l'aménagement du fleuve, ainsi que les dégâts sur l'environnement qui en résulteraient. A peu près à la même époque, la controverse mondiale sur l'impact écologique du barrage chinois des Trois Gorges commençait.

Attaquée de toutes parts pour sa propension à financer trop de projets destructeurs de l'environnement et socialement désastreux, la Banque mondiale confiait alors une mission urgente à son département d'évaluation des opérations (OED): sélectionner 50 grands barrages dans le monde, achevés entre 1960 et 1995, évaluer leurs performances et leurs dysfonctionnements. Pressés, les inspecteurs n'allèrent pas sur le terrain, ils travaillèrent principalement à partir de documents.

Selon l'époque où ont été construits les barrages, les promoteurs ont eu plusieurs types d'attente: produire de l'électricité, retenir de l'eau, et, plus récemment, ne pas trop détruire les milieux humains ni ravager les écosystèmes. Les experts ont conclu qu'en regard des seuls anciens critères, l'impact des barrages est «acceptable à 90%». Si l'on prend en compte les nouveaux, «26% des impacts sont inacceptables, et 48% le sont peut-être

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