Menu
Libération
Interview

Annick Alpérovitch, épidémiologiste à l'Inserm: «Nous sommes face à une énigme sans précédent».

Réservé aux abonnés

Publié le 13/04/1999 à 0h41

Directrice de l'unité Inserm «recherches épidémiologiques en

neuropathologie et psychopathologie» installée à La Salpêtrière (Paris), Annick Alpérovitch pilote le réseau français de surveillance épidémiologique de la maladie de Creutzfeldt-Jakob. Avec sa collègue Nicole Laupetre, elle traque l'apparition éventuelle de cas de nouveau variant de Creutzfeldt-Jakob. 41 cas de «nouveau variant de Creutzfeldt-Jakob» en trois ans, 10 pour le seul dernier trimestre 1998, est-ce inquiétant?

Nous n'avons jamais cessé d'être inquiets depuis 1996, quand cette nouvelle maladie a été identifiée et corrélée avec l'épidémie bovine. A présent, il est vrai que la progression brutale des derniers mois de 1998 n'augure rien de bon. C'est sans doute pour cela que Robert Will et ses collègues ont pris l'initiative de publier, en mars, dans le Lancet, cette analyse assez alarmante (lire ci-dessus). Rien ne les y obligeait car les chiffres sont remis à jour régulièrement sur l'Internet et n'importe qui peut les consulter. Si les Britanniques ont pris le risque d'alarmer les gens, c'est qu'ils étaient quasiment certains que ce pic marque une tendance et non une coïncidence. Et ils ont sans doute de bonnes raisons à cela: ils savent le nombre de cas qui sont plus ou moins probablement des nv-MCJ mais qui ne sont pas encore formellement confirmés.

Les épidémiologistes britanniques ont donc des indices qu'ils ne vous communiquent pas?

Nous recevons au fur et à mesure notification de tous les «décès confir

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique