Il lui fallait un éditeur au coeur solide. Ne lui avait-il pas
déclaré d'emblée: «Non, je ne veux pas écrire un livre d'astronomie, c'est trop rasoir.» Et comme si ça ne suffisait pas, il avait ajouté, presque gourmand: «Mes phrases sont mal tournées, je suis nul en littérature.» Pourtant, ce zéro en français-latin mais 20/20 en maths, vient de publier un ouvrage tout ce qu'il y a de fluide, d'ailleurs titré Il pleut des planètes (1). «Je vous préviens, ça risque d'être original», avait-il une fois encore prévenu l'éditeur, espérant enfin le dégoûter. Les titres de chapitres révèlent un indéniable signe de différence. Dans le désordre, on y trouve des «vaches sphériques», des «marguerites temporelles», des «picolentilles» ou autres «quintillions»" Et au milieu, trônent ces planètes extrasolaires, détectées autour de lointaines étoiles, soeurs plus ou moins étranges de notre Soleil, et dont la découverte a viré au déluge depuis le milieu des années 90. Des planètes, comme s'il en pleuvait, et dont l'astrophysicien Alfred Vidal-Madjar, 56 ans, directeur de recherches au CNRS, ne perd pas une goutte: c'est pour lui «une des plus belles aventures cosmiques» imaginables. Partir. Découvreur d'outre-mondes, celui qui se déclare «habitant de notre système solaire» («Comment puis-je vous faire partager cette sensation si enivrante et concrète?») se projette dans cet ailleurs: «L'homme ira-t-il un jour sur d'autres planètes, ailleurs, dans d'autres systèmes autour d'autres étoiles?»




