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Quand la fourmi d'Argentine fait la loi en Californie. La grande faculté d'adaptation découlerait de sa faible diversité génétique.

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Publié le 18/05/2000 à 1h07

Petite et noire, elle ne paie pas de mine et on la remarque à peine,

mais c'est une plaie. Depuis qu'elle est entrée aux Etats-Unis, à la fin du XIXe siècle, la fourmi d'Argentine ­ Linepithema humile ­ pullule dans tout le sud du pays et représente une véritable menace pour la biodiversité. Pourquoi cette espèce a-t-elle aussi bien réussi dans son pays d'adoption? C'est la question à laquelle Neil Tsutsui (université de Californie à San Diego) a essayé de répondre (1).

Monopole. Depuis son apparition à La Nouvelle-Orléans, en 1891, la fourmi d'Argentine a construit d'énormes supercolonies (des fourmilières séparées géographiquement mais apparentées) qui monopolisent les ressources de nourriture et elle fait, du coup, disparaître les autres espèces de fourmis partout où elle s'installe. Pour comprendre les raisons de ce succès, Neil Tsutsui a d'abord comparé les caractéristiques génétiques des fourmis vivant en Argentine et celles vivant en Californie, et il a découvert que les fourmis californiennes étaient génétiquement bien moins diverses que leurs cousines argentines. Pourquoi? A cause de ce que les généticiens appellent un bottleneck (goulet d'étranglement): les milliards de Linepithema humile qui sont aux Etats-Unis descendent toutes d'un petit nombre d'individus et sont donc apparentées. Au contraire des fourmis restées en Argentine, qui montrent une grande diversité et ne sont pas apparentées. Les biologistes ont ensuite organisé des combats de fourmis et ont mesuré l

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