Elle est au moins aussi bête qu'une poule, mais beaucoup plus rare, plus mystérieuse et extrêmement menacée. La tortue luth (Demochelys coriacea) aux allures antédiluviennes semble rattrapée par le temps et disparaît à grande vitesse, notamment dans le Pacifique. Des chercheurs américains viennent de publier un article aux conclusions alarmantes (1). Depuis 1988, un important site de ponte au Costa Rica, à Playa Grande, est suivi de près : 1 367 tortues nidifiaient là en 1988-1989, 506 en 1994-1995 et seulement 117 en 1998-1999. Ont-elles choisi un autre site ? Non, répond l'équipe de James Spotila (université de Philadelphie), pas d'après les surveillances aériennes effectuées entre Mexico et l'Amérique du Sud. Et selon ces scientifiques, les méthodes de pêche pratiquées en mer, en particulier les filets maillants dérivants, sont responsables de la mortalité. Si rien n'est fait d'ici trois ans, il n'y aura plus qu'une cinquantaine de femelles pour aller pondre sur le site de Playa Grande, prédisent-ils. Cette baisse des effectifs est constatée sur d'autres lieux du Pacifique, comme au Mexique. «Les pratiques de pêche doivent être changées pour sauver la biodiversité marine», lancent les chercheurs américains. Des biologistes du centre de protection marine de Washington viennent d'ailleurs de porter plainte contre le gouvernement américain, l'accusant de ne pas respecter ses engagement sur la protection des espèces. Dans le collimateur, les palangriers hawaiiens, qui pêchent
En lutte pour les luths.
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ParSylvie BRIET
Publié le 13/06/2000 à 2h09
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