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Libération

En lutte pour les luths.

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Des chercheurs agissent pour la survie des tortues menacées par la pêche et la pollution.

Publié le 13/06/2000 à 2h09

La Rochelle, envoyée spéciale.

Des côtes bretonnes ou landaises à la Guyane ou au Gabon, et même dans les eaux froides du Labrador, la tortue luth voyage, infatigable. Si elle choisit les mers chaudes pour se reproduire, l'été, elle vient visiter ce côté de l'Atlantique. Mais en 1995, soixante de ces géantes de 600 kilos en moyenne se sont échouées mortes sur les côtes françaises. C'était beaucoup. L'équipe de l'Aquarium de La Rochelle (1) a décidé de s'intéresser de plus près à elles et de comprendre ce qui se passait. Pierre Morinière, biologiste au centre d'études des tortues marines, se rend à chaque fois sur les lieux d'échouage. Et pratique une autopsie pour découvrir les causes de la mort. «II faut intervenir rapidement car les mairies veulent s'en débarrasser sans tarder. Ce ne sont pas les maladies ou les épidémies qui tuent les tortues. Mais régulièrement des sacs plastique bloqués dans l'estomac et qui ne passent pas dans l'intestin, provoquant une occlusion dont elles meurent.»

Pénurie de méduses. Le palais de ces animaux est doté de papilles qui retiennent les éléments solides et les empêchent de régurgiter. La tortue luth adore les méduses, qui constituent l'essentiel de sa nourriture. Or, les chercheurs de l'Aquarium ont constaté qu'ils découvraient davantage de sacs plastique durant les périodes de raréfaction de méduses. Ils pensent donc que la tortue les confond : «Lorsque la proie habituelle diminue, les déchets flottants deviennent des proies de remplacemen

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