Toutes deux venaient de pondre en Guyane. L'une est partie à l'est et a nagé jusqu'en Floride, l'autre a choisi l'ouest et a parcouru 3 800 km en cinq mois pour arriver au Cap-Vert, à la pointe sud de l'Afrique. Ces tortues luths étaient équipées de balises Argos. L'objectif des chercheurs du CNRS de Strasbourg qui ont mis au point cette étude (1) est de suivre précisément les trajets des femelles au cours de leur période de ponte, pour mieux les protéger, et par exemple réglementer la pêche dans certaines zones à certaines époques de l'année. A intervalle de dix jours, elles pondent sept fois durant les trois mois de la saison. «La tortue luth est une espèce de grande longévité, si des menaces pèsent sur les sites de reproduction, cela la fragilise d'autant plus», note Yvon Le Maho (CNRS de Strasbourg).
Les femelles commencent par creuser leur nid dans le sable, puis elles pondent leurs oeufs, temps durant lequel elles sont complètement immobiles. Les chercheurs disposent de 20 minutes environ pour poser sur la tortue un système de harnais avec des sangles type ceinture de sécurité sur lequel est installée la balise, aujourd'hui réduite à la taille d'un téléphone portable. On ne peut la coller car la tortue luth n'a pas de carapace dure. Une balise coûtant autour de 12 000 F, le traitement des données étant également cher, ce genre d'expérience n'est réalisé que sur quelques spécimens. Trois tortues ont été harnachées lors de la grande saison de ponte en Guyane en juin-juill




