A Lyon, capitale française de la soie, deux équipes de chercheurs tentent aussi d'obtenir la précieuse fibre d'araignée de façon industrielle. Ils misent sur le ver à soie Bombyx mori. Objectif: le transformer génétiquement pour lui faire produire et tisser des protéines d'araignée à la place des siennes. «La transgénèse du ver à soie a commencé il y a plus de dix ans, explique Bernard Mauchamp, directeur de recherche à l'unité nationale séricicole de l'Inra de Lyon. Nous venons tout juste de mettre au point et de valider le protocole expérimental pour obtenir des vers à soie transgéniques (1) et nous obtenons 100% d'animaux transgéniques jusque dans la dixième génération.» Alors quand les Bombyx mori tisseront donc leurs cocons avec de la soie d'araignée? «Dans une semaine, un mois ou six mois? Nous ne le savons pas encore, précise le chercheur lyonnais. Nos vers à soie producteurs de protéines d'araignée sont en cours de réalisation.» Le géant chimique DuPont de Nemours s'est lui aussi lancé dans la course. Lui a parié sur des levures et des bactéries. Il a inséré plusieurs gènes de protéines d'araignée dans les micro-organismes, puis a tressé les protéines à la manière de l'arachnide. Pour l'instant les résultats ne semblent pas si convaincants. En effet, les micro-organismes ont du mal à sécréter les protéines et celles qu'ils produisent sont beaucoup plus courtes que la normale. Donc moins élaborées, moins homogènes et moins résistantes que celles filées par l'araignée.
Le ver à soie s'en mêle.
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Publié le 25/08/2000 à 3h41
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