Menu
Libération

Le cricket les yeux (presque) fermés.

Réservé aux abonnés

Publié le 29/11/2000 à 7h14

Les entraîneurs de cricket, de tennis de table ou de tennis crieront-ils encore «mais regarde donc la balle!» à leurs joueurs depuis le banc de touche? C'est peu probable s'ils découvrent l'étude de Michael Land, professeur de biologie à l'université du Sussex (Grande-Bretagne), et de Peter McLeod, chercheur en psychologie expérimentale à Oxford (Grande-Bretagne). En filmant de près et en étudiant attentivement le regard des joueurs de cricket quand ils se préparent à frapper la balle, les scientifiques viennent de comprendre comment les batteurs ont le plus de chances d'arriver à cogner dedans (1).

Limites. Ce n'est pas en fixant la balle le plus longtemps possible quand elle arrive sur eux. Au contraire, il s'agit de la regarder le moins possible! Car le joueur a très peu de temps devant lui. Quand le lanceur est rapide, le projectile arrive à la portée du batteur en quatre à six dixièmes de seconde seulement. Il lui faut au moins deux dixièmes pour prévoir le point d'impact de la balle sur sa batte et se mettre en position. Il doit donc construire son mouvement sur la base des premiers 100 à 150 millièmes de seconde de vol de la balle. Le batteur «a donc tout juste le temps de faire son mouvement», explique Peter McLeod. D'ajuster son geste à sa vue. Ce qui fait du joueur de cricket un des rares sportifs à flirter avec les limites de coordination entre la vision et le système moteur. «Il atteint les limites des performances humaines dans ce domaine», ajoute Michael Land. U

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique